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ALG : Petkovic, un passage onéreux !

L’aventure de Vladimir Petkovic à la tête de la sélection nationale touche à sa fin, mais le départ du technicien helvético-bosnien ne se fera pas sans impact sur les finances de la Fédération algérienne de football.

Derrière la décision sportive motivée par l’élimination précoce des Verts lors de la Coupe du monde 2026, se dessine désormais un dossier financier particulièrement sensible pour l’instance fédérale. Alors que son éviction semble actée dans les coulisses, Petkovic devrait quitter son poste avec l’ensemble des garanties prévues par son contrat, récemment prolongé jusqu’en juillet 2028 à l’initiative du président de la FAF, Walid Sadi. Selon les informations disponibles, le contrat du sélectionneur prévoit le versement de trois mois de salaire en cas de résiliation. Cependant, le calcul ne sera pas effectué sur la base de son ancienne rémunération de 135 000 euros mensuels. La récente prolongation de contrat s’est accompagnée d’une revalorisation salariale portant son revenu mensuel à 160 000 euros.

Un demi-million d’euros pour une séparation

Cette modification contractuelle étant entrée en vigueur dès sa signature au début du mois de juin, l’indemnité de départ sera calculée sur cette nouvelle base. La FAF devrait ainsi verser environ 480 000 euros au sélectionneur, soit davantage que les estimations initiales qui évoquaient une somme proche de 405 000 euros. À cela s’ajouteront diverses indemnités liées à sa dernière mission avec les Verts lors du Mondial-2026, ainsi que plusieurs avantages contractuels encore en attente de règlement. Cette situation rappelle un épisode marquant de la carrière de Petkovic. En 2022, après son limogeage des Girondins de Bordeaux, l’ancien sélectionneur de la Suisse avait engagé un long bras de fer judiciaire afin d’obtenir des indemnités importantes. Cette expérience démontre que le technicien est particulièrement attentif au respect de ses droits contractuels.

Ne pas oublier le reste du staff

Au final, la facture globale pourrait largement dépasser le seuil du demi-million d’euros. Rien n’indique donc qu’il acceptera de renoncer à une partie des sommes qui lui sont dues dans le cadre de son départ de la sélection algérienne. La charge financière ne concernera pas uniquement Petkovic. La prolongation de contrat décidée avant la Coupe du monde avait également bénéficié à l’ensemble de son staff technique. Son adjoint David Morandi, le préparateur physique Paolo Rongoni et l’entraîneur des gardiens Guido Nanni avaient eux aussi vu leurs engagements prolongés jusqu’en 2028 avec une révision salariale à la hausse. Par conséquent, la fin de l’ère Petkovic entraînera mécaniquement la rupture de ces contrats et le versement de nouvelles compensations financières. Une donnée qui pourrait considérablement alourdir la facture finale pour la FAF.

Des dettes qui s’accumulent

Cette nouvelle dépense intervient alors que la Fédération continue de supporter d’autres engagements financiers hérités des changements précédents. Après l’élimination de la CAN-2024, la FAF avait décidé de mettre fin au contrat de Djamel Belmadi. L’accord conclu prévoyait une indemnisation équivalente à trois mois de salaire, pour un montant dépassant les 630 000 euros. Même si cette somme n’aurait toujours pas été réclamée officiellement par l’ancien sélectionneur, elle demeure inscrite parmi les obligations financières potentielles de l’instance fédérale. Depuis son arrivée en mars 2024, Petkovic a bénéficié d’une rémunération particulièrement conséquente. Avec un salaire mensuel de 135 000 euros jusqu’à la fin du mois de mai 2026, il aurait perçu environ 3,645 millions d’euros de salaires.

Un dossier qui fragilise la FAF

À cela s’ajoutent plusieurs primes de performance : 500 000 euros pour la qualification à la Coupe du monde 2026, 50 000 euros pour la qualification à la CAN, 40 000 euros pour l’accession aux huitièmes de finale de la CAN-2026 et 50 000 euros supplémentaires pour la qualification aux quarts de finale. En intégrant les indemnités de départ ainsi que les différents avantages liés à sa fonction, le montant global perçu durant son passage à la tête des Verts pourrait approcher les cinq millions d’euros. Au-delà de l’aspect sportif, le départ de Petkovic ouvre un débat sur la gestion des ressources de la fédération.

Une gestion remise en question

La prolongation de contrat décidée quelques jours seulement avant le Mondial, suivie d’une séparation envisagée quelques semaines plus tard, soulève de nombreuses interrogations. Pour Walid Sadi et son équipe, l’enjeu ne sera pas uniquement de désigner un nouveau sélectionneur. Il faudra également justifier une décision dont le coût financier risque d’alimenter durablement les critiques autour de la gouvernance de la FAF. Le dossier Petkovic apparaît ainsi comme bien plus qu’un simple changement d’entraîneur : il symbolise désormais les contradictions et les conséquences d’une gestion dont la cohérence est fortement remise en question.

-DJAMEL OUAGLAL

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